Prévention et Contrôle des Problèmes d’aplombs Chez les Vaches Laitières

La santé des aplombs et les boiteries sont des soucis majeurs auxquels les producteurs de lait font face à cause de leur apparition fréquente et des pertes économiques énormes engendrées.
Prévention et Contrôle des Problèmes d’aplombs Chez les Vaches Laitières - Articles

Updated: February 11, 2016

Prévention et Contrôle des Problèmes d’aplombs Chez les Vaches Laitières

Introduction

La santé des aplombs et les boiteries sont des soucis majeurs auxquels les producteurs de lait font face à cause de leur apparition fréquente et des pertes économiques énormes engendrées. Une détection précoce et des traitements rapides peuvent minimiser les pertes, favoriser la guérison, et réduire la souffrance animale.

La perte économique est principalement due au problème d'aplombs en lui-même, pas au coût des traitements. Les pertes sont toujours subtiles, cependant dépendantes de la sévérité, les composants suivants peuvent être identi fi és: perte de poids corporel et baisse de la production laitière, de la matière sèche ingérée, de la longévité du troupeau, et de l'efficacité de reproduction. Les implications économiques associées avec les problèmes d'aplombs peuvent être au minimum de 90 à 100 U.S.D. environ par cas. Selon la gravité du problème, et sa sévérité, ce coût peut être plus élevé.

Types de Problemes d'aplombs

Sabots mous et sabots durs

Les infections du pied, abcès et ulcères de la sole peuvent apparaitre du fait de fissures losque les sabots sont trop mous ou trop durs. Les sabots excessivement mous sont plus aptes à apparaitre dans des systèmes de stabulation libre où ils restent dans le fumier et l'urine. Il peut en résulter des fi ssures dans le talon ou la sole, permettant aux ulcères, abcès ou infections d'apparaître.

Les sabots trop durs apparaissent dans les étables à logettes, spécialement quand des débris de poterie ou de la sciure sont utilisés pour le couchage. Il peut résulter des fissures sur le dessus du pied (couronne), qui peuvent s'étendre vers le bas depuis la couronne et permettre des infections relativement hautes dans le pied.

Panaris (littéralement: «Pourrissement du sabot»)

Une infection malodorante du pied, qui apparaît généralement entre les onglons, est définie comme un « panaris ». Cela résulte principalement d'une infection causée par une bactérie Fusiformis necrophorus. Ce micro-organisme peut se développer dans les stabulations libres, les parcours d'exercice, les bourbiers et les pâtures.

Le bétail atteint du pourrissement du pied montre généralement une boiterie sur un seul pied. Le sabot enfle au dessus de la couronne et de l'espace inter-digité. Des fentes et des fissures se développent dans l'espace inter-digité. Un exsudat caractéristique très malodorant emplit ces fissures. Si laissée sans traitement, l'infection peut progresser dans l'espace latéral proche (= la jointure ou articulation) ou dans la gaine du tendon, produisant une lésion permanente.

Erosion des talons

L'érosion des talons ou « double sole » commence au niveau du bulbe du talon. Elle démarre par des trous à la surface et peut se développer en rainures parallèles, qui se remplissent de matériaux noirs et de bactéries. Le sabot peut se séparer à la rainure (entre sole et talon) pour former une sorte de rabat. Une nouvelle sole se développe en dessous et des matériaux externes sont enfermés entre les couches de corne. Cet état est généralement observé pour le bétail con fi né dans des cases humides et sales. Les sabots ayant poussés excessivement (vers l'avant) basculent le poids vers l'arrière du pied, exposant le talon à l'érosion, principalement pour les onglons postérieurs.

Fourbure

La fourbure peut conduire à des pieds ou onglons longs et déformés. L'animal peut apparaître plutôt boiteux ou bien plutôt raide; et avoir des difficultés à se lever ou à se coucher.

Des hémorragies peuvent être trouvées dans la sole ou dans la muraille du pied. Des infections, des abcès ou des ulcères peuvent apparaître, quand des matériaux étrangers peuvent s'immiscer dans les endroits où la sole et la muraille se sont séparées. La plus haute fréquence de ces boiteries apparaît toujours durant les 100 premiers jours après le vêlage.

Ulcères de la sole

Les ulcères de la sole sont des plaies rugueuses, apparaissant généralement du coté intérieur de l'onglon extérieur. C'est un ren fl ement de tissu, genre granuleux (= « cerise »), passant au travers de la sole. Les ulcères de la sole sont généralement associés à des manifestations cliniques de fourbure. Une règle empirique est que: lorsque 10% d'un troupeau a un ulcère de la sole diagnostiqué, le troupeau peut être suspecté de fourbure. Cependant, il y a d'autres facteurs qui peuvent prédisposer les vaches aux ulcères de la sole, tels que l'humidité et le fumier, l'usure excessive, et un parage insuffisant. Les ulcères de la sole apparaissent généralement à la fois sur les deux pieds postérieurs.

Dermatite interdigitée (et maladie de Mortelarro)

Durant les dix dernières années, la dermatite interdigitée s'est développée comme un problème sérieux, dans différentes régions laitières du nord des Etats-Unis. Il existe différents noms scientifiques et communs pour caractériser cette maladie: « verrue du pied », verrue pileuse du pied, maladie de la fraise du pied, talon en framboise, papillomatose digitale, et maladie de Mortelarro.

Les animaux affectés ont une boiterie prononcée et passent beaucoup de temps couchés. Les primipares sont souvent affectées, et ce, à un degré supérieur aux pattes arrières. Il n'y a pas de gonfl ement ou bien un gonflement léger du sabot, pour ce type de maladie. Le tableau 1 illustre les types de lésions et les pourcentages de ces lésions du pied, observées dans les troupeaux.

Tableau 1. Répartition des lésions du pied à l'intérieur d'une population de vaches laitières.
Description des lésionsPourcentage
Source: Clarkson et al. An epidemiological study to determine the risk factors of lameness in dairy cows. University of Liverpool, Veterinary Faculty, UK CSA 1370. Final report, 1993.
Ulcères de la sole28.0
Décollement de ligne blanche22.0
Corne sale8.0
Dermatite interdigitée8.0
Hyperplasie interdigitale5.0
Panaris5.0
Corps étranger5.0
Erosion du talon4.0
Autres4.0
Double sole3.0
Abcès rétroarticulaire3.0
Déformation des onglons2.0
Fourbure1.5
Dermatite interdigitée1.0
Seime0.5

Le Pied du Bovin

Le pied du bovin consiste en un étui extérieur dur ou étui corné, en un chorion qui contient les vaisseaux sanguins et les cellules formant la corne, et (au centre) en une partie du squelette osseux (dessins, 1, 2, 3). L'os enserré est le troisième os terminal de la phalange - nommé « phalangette » (ou os du pied), autour duquel le sabot est formé et auquel les tendons sont attachés; c'est lui qui supporte le poids du corps.


Figure 1. Cross section of the bovine claw.


Figure 2. Common claw measurements. Source: Lameness in Cattle, pp. 73, 85.


Figure 3. Underside view of bovine claw. Source: Lameness in Cattle, p. 221.

La muraille, la sole et le talon sont faits de kératine (comme le pelage et les cornes de la vache) et d'eau. Ce ne sont pas des tissus très épais ou recouvert, et ils contiennent des nerfs et des vaisseaux sanguins.

La jonction entre les tissus formant la muraille (corne) et celle de la sole, appelée la « ligne blanche » est localisée tout autour du pourtour intérieur en bas du sabot. Cette zone est susceptible d'avoir des lésions physiques et des invasions bactériennes.

Le sabot grandit à partir du chorion à un taux proche de 5 cm par an. Le taux de croissance dépend de la génétique de la vache, aussi bien que de l'environnement et de la nutrition de la vache. Le taux de croissance de la corne est plus élevé pour les sabots postérieurs que dans les sabots antérieurs.

La répartition du poids de la vache sur les pieds et sur les sabots est un facteur important, qui va in fl uencer la façon dont les onglons poussent. La région supportant la majorité du poids est la partie extérieure de l'onglon extérieur. Cette région absorbe les plus hautes pressions durant les mouvements de déplacement. Le poids de la vache (en marche) se déplace du talon vers l'avant de la pointe de l'onglon. A cet endroit, la ligne blanche va s'étirer.

Un sabot qui supporte davantage de poids répond, en déposant des quantités plus importantes de kératine. Pour les jeunes animaux, le poids est presque uniformément réparti tout autour du sabot. Lorsque la vache vieillit, davantage de poids est mis sur la muraille extérieure des pieds arrières. C'est donc là où il y a le plus de croissance excessive.

Les murailles intérieures des pieds antérieurs supportent davantage de poids, quand la vache vieillit. Les bulbes des talons ne sont pas normalement des surfaces portantes. Avec une croissance excessive, donc exagérée, de la corne du sabot, le poids du corps bascule et le bulbe du talon vient en contact avec le sol. Les bulbes sont comme de la peau et sont chargés de nerfs et de vaisseaux sanguins, ce qui les rend plus sensibles. Des vaches avec des onglons de taille excessive développent des hématomes du bulbe du talon.

Fourbure

La fourbure est une inflammation aseptique des couches du derme dans le pied. Il s'agit généralement d'une in fl ammation et d'une sensibilité au dessus du sabot et autour de la couronne.

Les symptômes généraux d'un animal contractant une fourbure consistent en une démarche très rigide, et « chaloupée ». La position debout sur la pointe des sabots à l'entrée de la logette est typique de cette situation, avec l'objectif d'une diminution de la douleur.

Les lésions caractéristiques de la sole (en situation de fourbure) incluent des hémorragies de la sole et une coloration jaunâtre de la corne. Souvent, une séparation de la ligne blanche, entre la sole et la muraille extérieure kératinisée, peut être apparente. Une double sole et des fi ssures du talon peuvent aussi être présentes. Cependant, pour un pied donné, un animal peut montrer de la douleur sans raison (visible ou apparente).

Il n'y a pas une cause unique, la fourbure peut être associée avec de nombreux facteurs largement interdépendants. La conduite alimentaire est considérée comme un facteur clé du développement de la fourbure, spécialement l'alimentation avec des quantités croissantes d'hydrates de carbone fermentescibles, qui conduisent à l'acidose du rumen.

Les désordres métaboliques et digestifs peuvent être des facteurs prédisposants. Les changements hormonaux, avec la mise bas et le cycle de lactation, peuvent impacter certains changements physiologiques. Les maladies infectieuses, telles que mammites, métrites, (ou) le fourchet, peuvent imposer des agressions endotoxiniques spécifiques.

L'aspect environnement, tel que les surfaces dures, le manque ou le faible usage du couchage, un manque ou un excès d'exercice sur des surfaces inadaptées, peuvent prédisposer les animaux à des dommages mécaniques.

Acidose du rumen

Il a été démontré que l'acidose du rumen est un facteur clé conduisant à la fourbure. L'acidose est causée par l'ingestion de quantités supérieures à la normale d'hydrates de carbone fermentescibles dans le rumen. Cela peut réduire la digestion de la fibre, augmenter la production d'acide lactique, réduire l'ingestion, diminuer le taux butyreux, et augmenter l'apparition des maladies métaboliques.

Lorsque les hydrates de carbone fermentescibles, ou leur proportion, augmentent dans la ration, le taux de croissance de toutes les bactéries du rumen augmente, avec une production accrue d'acides gras volatils. Lorsque le pH diminue, les microbes du rumen qui produisent de l'acide lactique augmentent encore plus. Le pH est alors réduit à des niveaux encore plus bas. Il en résulte une diminution du taux de croissance de beaucoup de populations bactériennes, qui habitent dans le rumen.

Lorsque le pH du rumen descend en dessous de 5, la production d'acide lactique est élevée. L'acidité croissante cause une stase des fermentations. Des endotoxines peuvent être produites et libérées, ce qui peut déclencher une libération d'histamine. Cela cause une vasoconstriction, de la congestion (dilatation vasculaire), une destruction de la zone lamellaire, avec détérioration du sabot: ainsi, le processus de fourbure se développe.

L'histamine est un composé chimique, naturellement libéré lors des stress. Les stress environnementaux et les maladies infectieuses peuvent aussi causer une libération d'histamine.

Fourbure aigüe

Une vache est systématiquement malade, lorsqu'elle a de la fourbure aigüe. L'inflammation du chorion est évidente. La vache est sujette à un effet récurrent, si le désordre métabolique persiste. Les signes cliniques majeurs locaux, en complément à la douleur intense, sont incluent un gonflement et une (chaleur cutanée): température (de la peau) légèrement supérieure à la température normale, au dessus de la couronne dans la zone des tissus mous.

Fourbure sub-clinique

Cela peut être un long et lent processus, qui est sous la dépendance d'agressions persistantes de faible intensité. L'inflammation, qui s'installe, aboutit au stade ultime, à une hémorragie interne (dans la corne). Lorsque le tissu du sabot croît, la zone hémorragique migre vers la surface. L'intervalle de temps entre l'émergence des symptômes et l'apparition de l'hémorragie est à relier avec le taux de croissance (de la corne), qui est d'environ 4.5 mm par mois. Pour cette raison, l'hémorragie est donc vue deux mois (environ), après que l'agression interne ait eu lieu.

Des observations de soles hémorragiques et de coloration jaunâtre de la corne sont des signes que la fourbure sub-clinique peut bien être un problème de troupeau. Les hémorragies de la sole peuvent ainsi affecter de 50 à 60% des primipares.

Fourbure chronique

Différents changements coexistent dans la région concernée de l'onglon. La croissance de l'étui kératinisé est discontinue et la forme de l'onglon est altérée. Il devient plus allongé, aplati et élargi. La surface (de la muraille) du sabot est profondément rainurée, donnant une apparence froissée. Une forme en assiette, sur le devant de la muraille et de la sole, est vraiment caractéristique. A l'intérieur, l'os «phalangette» (ou os du pied) est disjoint et séparé du devant de la muraille. Des doubles soles, avec des colorations jaunâtres, continuent d'être un signe clinique majeur.

Dans les situations sévères, la portion antéro-inférieure de l'os «phalangette» peut faire saillie au travers du chorion et du tissu corné dur de la sole. Lorsque le processus de la maladie a atteint ce point, un dommage irréversible a été fait et aucune thérapie ne peut permettre au pied de revenir à une configuration normale. Le degré de la fourbure chronique dépend de l'intensité et de la fréquence de chaque épisode aigu de fourbure et du degré de dommage que chaque épisode précédent a induit en conséquence de l'agression initiale.

Dermatite Interdigitee (et Maladie de Mortelarro)

Les lésions de dermatites interdigitées ressemblent à des tâches rouges et jaunes, saillantes, et sont généralement localisées à l'arrière du pied, au dessus du talon. Elles sont particulièrement douloureuses et sujettes à saigner lorsque manipulées. Les lésions mûres sont larges de 2.5 à 5 cm, et généralement surmontées par des touffes de poils longs, bruns ou gris-noirâtres, comme des projections sur la surface. Elles ont une apparence de « verrue pileuse ». Les poils sur la lésion sont généralement de vrais poils. Les lésions peuvent persister durant plusieurs mois. Elles peuvent régresser avec un temps sec.

La maladie est probablement causée par un spirochète et apparaît être très contagieuse. La morbidité élevée dans les troupeaux contractant cette maladie, tout comme l'observation que plus de 90% des lésions sont hautement réceptives aux antibiotiques, suggèrent un agent infectieux.

L'environnement peut sensibiliser les animaux à l'agent de la maladie. Les exemples seraient: des logettes humides, des cases insuffisamment drainées, etc. Les spirochètes ont été trouvés dans les onglons de vaches saines dans des troupeaux infectés et aussi dans des troupeaux sans incidence de dermatites interdigitées. Il apparait possible, que de nombreux animaux puissent être infectés par le micro-organisme mais n'expriment pas de boiteries ni de lésions. Lorsqu'un stress spécifique ou un élément de l'environnement déclenche cette lésion, la maladie peut diffuser très rapidement.

Les Traitements

Les traitements peuvent consister en: parage de la corne, pédiluves et /ou applications ponctuelles. Selon le problème, un vétérinaire et/ou un pareur doivent être consultés, pour décider la meilleure méthode de traitement. Une combinaison des différents protocoles de traitement peut être nécessaire pour corriger les problèmes individuels et de troupeau.

Régénération du sabot pour une dureté adéquate

Si les pieds sont trop mous, éviter d'avoir les vaches qui se tiennent dans un gazon avec de la rosée durant de longues périodes. Permettre aux vaches de rester sur des sols secs ou du sable, même si cela sous-entend de les con fi ner sur du ciment. De façon continue, utiliser un mélange minéral sec dans un pédiluve à sec. Une formule avec 80% de chaux éteinte, 15% de sulfate de cuivre et 5% de soufre fleur (agissant comme antiseptique) peut être utilisée. Du calcaire ou du superphosphate peuvent être utilisés dans les allées.

Si les pieds sont trop durs, éviter d'avoir les vaches qui se tiennent sur un sol ou une aire boueuse durant de longues périodes. Permettre aux vaches de pâturer ou de se tenir sur le gazon, lorsqu' il est humide ou couvert de rosée, mais pas mou ou boueux.

Lorsque c'est un problème de troupeau, de l'argile humide peut être utilisée dans des pédiluves ou des récipients, mais des lattes peuvent être nécessaires dans le container, pour éviter les glissades. De l'eau (dans le pédiluve) peut être utilisée, si cela peut être vidé et remplacé fréquemment. Pour des problèmes individuels, une pommade pour sabot peut être appliquée sur la bande coronaire, à la limite de la muraille du sabot.

Panaris ( « foot rot » - soit pourriture du pied en traduction littérale)

Le traitement consiste en une administration d'antibiotique par voie parentérale et/ou en application locale. La région interdigitée doit être nettoyée et tous les tissus nécrosés enlevés. Des pansements localisés d'antibiotiques, sulfamides ou antiseptiques ont été utilisés avec succès.

Si l'infection s'est répandue à des tissus plus profonds, une pommade asséchante peut être bénéfi que. Les animaux infectés doivent être séparés du troupeau et confinés pour prévenir la dissémination des germes (= contagion).

Le contrôle du panaris est important pour minimiser l'impact économique de cette maladie contagieuse dans le troupeau. L'isolement des vaches, le nettoyage rigoureux des zones à haute densité animale et l'utilisation de pédiluve se sont révélés ef fi cace dans la maitrise de la diffusion du panaris.

Le bain de pied (pédiluve) doit contenir 5% de sulfate de cuivre. La profondeur de la solution doit être au moins de 10 cm. Le pédiluve doit être localisé là où le troupeau doit être obligé de passer dedans plusieurs fois par jour. Une alternative au pédiluve humide est le pédiluve à sec, contenant une part de sulfate de cuivre pour 9 parts de chaux éteinte.

Erosion du talon

Le traitement devrait d'abord s'appliquer à réaliser l'enlèvement de toute la corne douteuse. Après nettoyage, la zone exposée peut être traitée avec un désinfectant liquide. La vache devrait être con fi née durant plusieurs jours, jusqu'à ce que de la corne nouvellement formée durcisse.

Dans les cas les plus sévères, dans lesquels le tissu sensible est exposé (c.à.d. mis à vif), un bandage protecteur appliqué sur une médication astringente peut être nécessaire, en addition au confinement. La bonne gestion du troupeau implique une sélection génétique pour des membres et des pieds solides, sans fléchissement excessif sur les pâturons.

Les sabots doivent être parés régulièrement et une exposition excessive à un environnement humide doit être éliminée. Un pédiluve à sec (voir le traitement pour les sabots mous) peut aider à rendre la corne plus dure, tout en réduisant la propagation de la maladie.

Ulcères de la sole

Le traitement initial de l'ulcère de la sole est d'abord d'enlever la pression sur l'ulcère. Le parage curatif consiste à « éplucher » la zone affectée autour de l'ulcère de la sole ou de la lésion, ce qui aide à ôter la pression et permet la guérison. Des applications locales de sulfate de cuivre et/ou d'astringents, suivies d'un pansement, sont nécessaires pour contrôler l'infection et prévenir la repousse du tissu granuleux.

Dans de nombreux cas, pour l'onglon infecté, la région ulcérée se répand vers le haut du sabot, au point de la couronne où se réalise le contact entre corne et peau. Pour cette raison, il est souvent nécessaire de bloquer ou de surélever l'onglon malade (le soulever avec talonnette collée sous l'onglon sain), pour que la pression sur l'onglon infecté puisse être réduite.

Dermatite interdigitée

Il existe plusieurs protocoles de traitement qui peuvent être utilisés. Puisque la cause spécifique des «verrues de pied» est inconnue, un traitement spécifique qui marche à chaque fois est discutable. Il n'y a donc pas de traitement homologué dans cette situation, alors que l'usage de médicaments requiert une homologation (A.M.M.) et les instructions d'un vétérinaire.

Au stade initial de la maladie, permettre à l'animal de marcher normalement en dépit de la douleur est essentiel. Cela implique de traiter la région infectée en enlevant les débris (tissus morts) spécifiques de la lésion, puis l'utilisation locale de caustiques chimiques et/ou d'antibiotiques.

L'application locale d'oxytétracycline (poudre soluble et/ou solution injectable) peut être appliquée directement sur la lésion. Un mélange 50% lincospectine, 50% lincomycine (sous forme de poudre ou en solution) a été utilisé avec succès. Les traitements ont aussi été pulvérisés sur les zones infectées. Des pulvérisations locales d'iode ou de cuivre iodé se sont montrées ef fi caces pour le traitement et le contrôle. Les caustiques chimiques doivent être utilisés avec une extrême précaution. S'ils sont sur-utilisés sur la lésion, ils peuvent causer une fourbure sévère, du fait de la brulure chimique de la peau.

La mise en place d'un pédiluve concentré avec application locale d'antibiotique peut être ef fi cace dans le contrôle des lésions. Un bain de pied contenant de 9 à 10% de sulfate de cuivre peut aider à contrôler les infections de type « verrue du pied » (littéralement « foot wart ») et les autres infections. Initialement, cela doit être utilisé durant neuf traites consécutives sur une semaine. Après un mois ou deux de soins intensifs dans le troupeau, et avec le constat d'une bonne maîtrise de la maladie, utiliser ce même bain de pied lors d'une traite par jour durant trois jours consécutifs une semaine sur deux, et l'utiliser lors de 9 traites consécutives lors de l'autre semaine. Si la corne devient trop dure, utiliser des bains de pied moins fréquemment ou utiliser 5% de sulfate de cuivre seulement. Une règle empirique est de changer le bain tous les 150 à 300 passages de vache.

Pour les lésions larges (supérieures à 5 cm de diamètre), persistantes et mûres, une ablation chirurgicale peutêtre choisie. Pourêtrecouronnée de succès, la peau normale, à la périphérie de la base de la lésion, doit être excisée sur la totalité du pourtour lors de l'acte chirurgical; sinon la repousse de la lésion est fréquente.

Protocoles de traitement pour les dermatites interdigitées

Sprays ponctuels (pulvérisation):
Avantages
  • Une concentration plus élevée en principe actif peut être utilisée.
  • Moins de pertes que les pédiluves.
  • Souvent de meilleurs résultats.
  • Souvent la forme de traitement la plus économique.
Antibiotiques - mélanges et concentration
  • Tétracycline poudre (concentrée à 71%) * - solution à 2.5%
  • Lincomycine ou mélange lincomycine/spectinomycine - solution à 8 g / litre *

    * Attention: ces usages particuliers des antibiotiques nécessitent l'approbation par un vétérinaire (usage hors A.M.M.).
Antibiotiques - schéma de traitement
  • Durant une épidémie:
    Semaine 1 - traiter toutes les vaches durant 7 jours (toutes les pattes).
    Semaine 2 et semaine 3 - traiter toutes les vaches un jour sur deux (toutes les pattes).
    Semaine 4 - toutes les vaches et toutes les pattes une fois par semaine.
  • En entretien: Traiter toutes les vaches, toutes les pattes, une fois par mois.
Formol à 37%
  • Souvent efficace avec une seule application.
  • Soucis avec la santé humaine: associée à la toxicité, il y a carcinogénécité (cause du cancer) et aussi une irritation des yeux et de la peau.
Solutions triples
  • Ex: Victory - Duracept ( cuivre solubilisé, peroxyde et agent cationique).
  • Suivre les indications de l'étiquette.

Pédiluves:

Recommandations générales
  • Minimum 1 mètre de large, Deux à 3 mètres de longueur, et 12.5 à 15 cm de profondeur.
  • Peut traiter 150 à 200 vaches par bain.
  • Utiliser 3 fois par semaine lors d'épidémie, et une à deux fois par semaine pour l'entretien.
  • Il est préférable de nettoyer les pattes avec un jet d'eau, ou un bain d'eau, avant d'entrer dans le « bain de traitement »
Mélanges et concentration
  • Tétracycline poudre * ( concentration à 71%) - 0.5 à 1%
  • Lincomycine * ( 0.13 g à 1 g par litre environ)

    * Cet usage particulier des antibiotiques nécessite l'approbation par un vétérinaire (usage hors AMM).
  • Formol (37%) - Diluer en solution entre 3 et 5%. Utiliser deux fois par jour durant trois jours de suite, puis une fois tous les 3 ou 4 jours.

Sources: Kristula, Michalea, DVM : University of Pennsylvannia, New Bolton Center and Greenough, Paul, R. Lameness in cattle, pp 133-135, W.B, Saunders, Philadelphia, P.A 1997.

Management Preventif

La conduite préventive dans un troupeau requiert de connaître la prévalence des boiteries et les groupes affectés. Cela peut être déterminé en utilisant un barème de notation des boiteries. Le tableau 2, illustre une échelle à 5 points, qui peut être utilisée pour noter les vaches dans un troupeau.

Tableau 2. Système de notation des boiteries.
Notation des boiteriesDescription cliniqueCritère
Source: Sprecher, D.J.,D.E. Hostetler and J.B Kaneene, 1997. A lameness scoring system that uses posture and gait to predict dairy cattle reproductive performance. Theriogenology. 47:1179-1187.
1NormalLa vache se tient et marche avec un bon niveau. Sa démarche est normale.
2Boiterie faibleLa vache se tient avec une ligne de dos normale, mais développe une posture du dos arquée lors de la marche. Sa démarche est normale.
3Boiterie moyenneUne ligne de dos arquée est évidente à la fois lorsque la vache se tient debout et lorsqu'elle marche. Sa démarche est affectée, et la longueur de son pas, décrite par un ou plusieurs membres, est raccourcie.
4BoiteuseUne ligne de dos arquée est toujours évidente. Sa démarche est décrite au mieux comme étant un pas délibérément saccadé. La vache favorise un ou plusieurs membres ou pied.
5Boiterie aigüeLa vache montre en plus une incapacité ou une extrême réticence à supporter du poids sur un ou plusieurs de ses membres ou sabots.

Il existe plusieurs facteurs dans une ferme qui peuvent conduire à des boiteries des bovins. Cela inclut: la nutrition, la façon d'alimenter, le comportement de l'animal et le stress, le confort de la vache, et un parage insuf fi sant.

Les boiteries sont généralement un problème multifactoriel. Bien que la nutrition reçoive beaucoup d'attention, comme étant la principale cause, les autres facteurs doivent aussi être évalués.

Nutrition

Il y a plusieurs domaines dans la nutrition dont la maîtrise peut aider à réduire les risques de problèmes de pied. Cela inclut: les hydrates de carbones (glucides), les protéines, les oligoéléments et les vitamines. La formulation de la ration idéale, pour maintenir une bonne santé du pied, n'est pas toujours suf fi sante. La nutrition devrait être pondérée par les autres facteurs, pour éviter que les boiteries des bovins ne deviennent un problème de troupeau.

Hydrates de carbone (glucides)

Un dé fi majeur de la nutrition est le manque d'information, pour spécifier les seuils à partir desquels les glucides initient l'agression initiale que constitue l'acidose. Les hydrates de carbones constituent de 70 à 80% des rations laitières. Le niveau et la disponibilité de plusieurs rations peuvent avoir un impact substantiel sur le métabolisme rumenal. La quantité d'hydrates de carbone nécessaire pour induire une acidose rumenale dépend: du procédé d'élaboration de la ration, des transitions alimentaires, du statut de la vache, et du volume et de la fréquence avec lesquels les hydrates de carbone sont distribués.

Les vaches en lactation nécessitent une quantité minimum de fourrages dans la ration. Les fourrages ne devraient pas être inclus dans la ration à moins de 1.4% du poids vif de l'animal. Dans la plupart des situations, le fourrage ne devrait pas constituer moins de 40 à 45% du total de la matière sèche de la ration.

La consommation de fourrages et de N.D.F. totaux (Neutral Detergent Fibers) doit être évaluée. Les vaches consomment des kilos et non des %. Les niveaux de NDF, qui peuvent être acceptables pour les vaches consommant 22.7 kg de M.S., ne peuvent pas l'être pour des animaux consommant moins de 19 kg de M.S. (voir encadré ci-dessous). La prise minimale de NDF fourrages, sous forme de fourrages, exprimée en % du poids vif de l'animal, devrait être de 0.85%. La prise minimale de NDF, en % du poids vif de l'animal, doit être comprise entre 1.1 à 1.2%.

Exemple: Le poids moyen de la vache est de 590 kg et le % de NDF total de la ration est de 32% de la M.S.

  • Une vache consommant 22.7 kg de M.S devrait avoir 7.2 kg de NDF ( 22.7 x 32% de NDF) soit 1.23% de son PV en NDF total.
  • Une vache consommant 19 kg de M.S devrait avoir 6.1 kg environ de NDF (19 kg x 32%) soit 1.03% de son poids vif sous forme de NDF total.

La fraction de la ration sous forme d'hydrates de carbone non fibreux est hautement digestible et peut être rapidement digérée, comparée au NDF. Un excès d'hydrates de carbone non fibreux peut déprécier la digestibilité de la fibre, réduire la production d'acide acétique et conduire à l'acidose du rumen. Doivent être pris en considération: la taille des particules du concentré, l'humidité et le procédé de fabrication, en plus du niveau de glucides non pariétaux dans la ration. Sous la dépendance de la digestibilité du NDF présent, un taux de glucides non pariétaux compris entre 30 et 40% de la MS de la ration est recommandé. Dans la plupart des cas, un niveau de glucides non pariétaux compris entre 32% et 38% est considéré comme idéal.

La concentration en glucides non pariétaux dans une ration peut être calculée en soustrayant de 100: les cendres, l'extrait éthéré (matières grasses), la M.A.T., et le N.D.F. sans protéines.

  • 100 -[(NDF - NDF sans protéines) + M.A.T. + M.G. + M.M.]

L'utilisation du « NDF sans protéines » est spécialement importante pour les fourrages ayant souffert d'échauffement et pour les co-produits chauffés, car le NDF peut contenir de la MAT pour une part substantielle. Si la valeur du « NDF corrigé de la MAT » n'est pas utilisée, la MAT dans le NDF est retirée deux fois (une fois en temps que MAT et l'autre en temps que MAT liée au NDF). Lorsque les glucides non pariétaux sont calculés en utilisant l'équation suivante:

  • 100 - [NDF + M.A.T. + M.G. + M.M.]

Alors les glucides non pariétaux d'un ingrédient peuvent être considérablement sous- estimés (voir encadré ci-dessous). Cela peut sous-estimer la valeur en glucides non pariétaux de 2 à 4% dans la MS de la ration.

Exemple: Un ensilage de luzerne sur la base de la MS contient: MAT 19.6%, NDF 48.8%, NDF liée à la MAT 4.1%, MG 2.9%, MM 9.3%.

  • 100 - [(NDF - NDF lié à la MAT) + MAT + MG + MM]
    100 - [(48.8 - 4.1) + 19.6 + 2.9 + 9.3] = 23.5% Glucides non pariétaux ou
  • 100 - [(NDF + MAT + MG + MM]
    100 - [48.8 + 19.6 + 2.9 + 9.3] = 19.4% Glucides non parétiaux

Protéines

Il a été suggéré que la quantité de protéines dans la ration pourrait avoir une influence sur les fourbures. Différentes études ont montré qu'un haut pourcentage de protéines dégradées dans le rumen a été identifié en association avec des boiteries et de la fourbure. Cependant le rôle des protéines n'est toujours pas élucidé.

Peu d'informations sont disponibles pour identifier quel rôle les protéines peuventavoir dans les boiteries. Différentes hypothèses impliquent des réactions histaminiques allergiques (liées) à certains types de protéines, ou bien un lien entre une complémentation élevée en protéines et les produits de décomposition terminaux. Le tableau 3 liste les points de repères pour les niveaux de protéines dans les rations des vaches laitières.

Tableau 3. Niveaux de protéines et besoins en vitamines pour les vaches laitières.
Stade de lactation
Début(a)
Stade de lactation
Milieu
Stade de lactation
Fin
Source: Dairy Reference Manuel, NRAES-63.
Note: Le tableau 3 se réfère à une production laitière équivalente, pour un troupeau laitier ayant une moyenne mobile de 8170 kg à 4% de taux butyreux.
(a)Se réfère aux vaches approximativement durant les 15 premières semaines de lactation. Si les vaches fraiches de moins de 4 mois sont gardées dans un groupe séparé ou nourries individuellement, ou si de la fourbure est rencontrée chez les vaches primipares, utiliser les spécifications suivantes: MAT 19%, protéines indégradables 38%, NDF du fourrages 24%, et pour les minéraux, le niveau le plus élevé indiqué dans la table. La prise de M.S durant le 1° mois peut varier de 2.2% du poids vif au vêlage jusqu'à 2.8% du poids vif à 14 jours après vêlage et 3.3% à 30 jours.
(b)
Utiliser plus d'un ingrédient à haute teneur en protéines pour satisfaire les besoins en protéines indégradables. La lysine et parfois la méthionine sont les acides aminés les plus limitants.
(c)
Utiliser le niveau de cuivre le plus élevé, lorsque des niveaux de cuivre sérique bas apparaissent pour des rations contenant les niveaux usuels de 10 à 12 mg. Des carences en cuivre induites peuvent apparaitre du fait de la prise excessive de fer, manganèse, molybdène et soufre.
MAT, % MS17 à 1816 à 1715 à 16
Protéines solubles, % MAT30 à 3432 à 3632 à 38
Protéines dégradables, % MAT62 à 6662 à 6662 à 66
Protéines indégradables, % MAT(b)34 à 3834 à 3834 à 38
NDF fourrages, % MS21 à 2425 à 2627 à 28
NDF total, % MS28 à 3233 à 3536 à 38
Glucides non pariétaux, % MS32 à 3832 à 3832 à 38
Cuivre, ppm(c)11 à 2511 à 2511 à 25
Zinc, ppm70 à 8070 à 8070 à 80
Vitamine A, UI / kg MS7700 à 99107700 à 99107700 à 9910
Vitamine E, UI / kg MS45 à 6545 à 6545 à 65

Oligo éléments

Le cuivre est essentiel pour la production d'onglons sains. Une carence en cuivre peut interférer avec la synthèse de kératine, inhibant le développement du tissu corné.

Le zinc est essentiel pour la production de corne, et joue un rôle important dans l'immunité. L'effet du zinc sur les boiteries des bovins est normalement relié à la guérison, à la réparation du tissu épithélial, à la dureté des sabots et au maintien de l'intégrité cellulaire.

Beaucoup de nutritionnistes formulent les rations avec des niveaux d'oligo-éléments plus élevés que ce que le N.R.C. recommande, pour prendre en compte le stress lié à l'accroissement de la production laitière et/ou à la maladie. Le tableau 3 liste les points de repères pour les oligo-éléments et les vitamines.

Vitamines

La vitamine A, le béta-carotène, la vitamine E et la biotine sont les sujets d'intérêt, lorsque l'on étudie les facteurs liés aux boiteries du bétail. La vitamine A est importante pour le maintien du tissu épithélial et la réplication cellulaire. Le béta-carotène est considéré comme ayant un rôle à la fois dans la réparation des tissus et leur intégrité, et dans les fonctions immunitaires.

La vitamine E est impliquée dans le maintien de l'intégrité cellulaire et le processus immunitaire. Son rôle majeur est d'être un antioxydant.

La biotine est associée à la formation de la corne du sabot. Elle est importante dans la dureté du sabot. Si les rations sont élevées en concentrés, la synthèse de biotine dans le rumen est réduite. La recommandation actuelle est de supplémenter la biotine à 20 mg / jour durant la lactation et 10 mg / jour pour les vaches taries. Le coût est environ de 6 à 8 cents (U.S.D.) par jour et par vache. La réponse à la supplémentation en biotine peut prendre plusieurs mois.

Conduite de l'alimentation

L'incidence des boiteries et de la fourbure peut être contrôlée au travers d'une bonne nutrition, et par l'usage de pratiques d'alimentation adaptées. Les facteurs qui impactent le plus le pied sont: la fréquence de distribution de l'alimentation, la taille des particules des fourrages et des concentrés, la conduite des transitions d'un régime à l'autre, et l'arrivée des génisses primipares dans le troupeau laitier.

Les troupeaux laitiers nourris de façon conventionnelle devraient recevoir les concentrés au moins en deux fois par jour. Pour les vaches donnant plus de 36 kg de lait par jour, de trois à quatre fois par jour serait idéal. Du foin ou d'autres fourrages devraient être offerts avant que le concentré ne soit distribué.

Les troupeaux alimentés avec une ration complète (T.M.R.) devraient contrôler la M.S. de tous les aliments riches en eau sur une base régulière. La ration du troupeau devrait être analysée au moins trimestriellement, pour vérifier que les niveaux de nutriments sont proches de ceux qui ont été programmés. Une ration complète « vraie » doit être distribuée. Offert séparément de la ration complète, un fourrage ou un concentré permettent à la vache de choisir préférentiellement ce qu'elle veut consommer.

Des tampons alimentaires doivent être inclus dans la ration. Un tampon peut être inclus dans la ration à 0.8% de la MSI. Cependant pour corriger un problème d'acidose du rumen, ne pas compter seulement sur la mise à disposition d'un tampon en libre service pour les vaches.

La taille des particules est un facteur important, à la fois pour le fourrage et pour le concentré distribué. Les fourrages, ou les rations complètes, qui sont trop fines en taille de particules, couplés avec de la fibre longue ou un niveau de fibres inadapté, peuvent aggraver les problèmes de boiteries. Les vaches ont besoin de fibres efficaces dans le rumen pour maintenir normales les fonctions du rumen. Le principal objectif, dans l'analyse de la taille des particules de la ration complète, est de mesurer la répartition de la taille des aliments et des fourrages que la vache consomme vraiment. Le tableau 4 liste les points de repères pour les fourrages et les rations complètes.

Tableau 4. Taille des particules pour les fourrages et les rations complètes en utilisant le tamis PENN STATE SEPARATOR.
TamisLa taille de tamis (mm)La taille des particules (mm)Ensilage de maïsEnrubanné (Haylage) Ensilage herbeRation complète
Tamis supérieur19> 193 à 810 à 202 à 8
Tamis intermédiaire88 à 1945 à 6545 à 7530 à 50
Tamis inférieur44 à 820 à 3030 à 4010 à 20
Culot< 4< 10< 1030 à 40

La taille des particules, la méthode de récolte et la teneur en eau peuvent affecter la disponibilité rumenale des hydrates de carbone, structuraux et non pariétaux. Ces facteurs doivent être pris en compte, en plus des niveaux utilisés lors de la formulation des rations.

Des transitions graduelles doivent être faites, lorsque l'on passe l'animal d'un régime à un autre. Au moins deux semaines avant le vêlage, les animaux devraient être alimentés avec du concentré, jusqu'à 0.5 à 0.75% de leur poids vif. Idéalement, les génisses primipares devraient avoir leur propre groupe séparé et disposer d'une ration, qui prenne en compte leur poids vif corporel plus léger et leurs besoins spécifiques.

Comportement et stress

Les vaches laitières devraient pouvoir se coucher de 10 à 14 heures par jour. Leur temps de couchage peut être réduit du fait d'un logement de mauvaise qualité, de logettes inconfortables, ou en nombre insuffisant. Une station debout prolongée provoque des pieds « congestionnés », qui deviennent susceptibles d'évoluer vers de la maladie.

L'exercice est nécessaire pour la stimulation de la circulation sanguine dans le pied et pour conserver des tissus sains. Trop peu d'exercice peut provoquer une circulation sanguine paresseuse, de l'oedème et du gonflement. Trop d'exercice et de « chocs » sur les sols en ciment, spécialement pour les génisses qui ont été élevées en pâture, peuvent causer des traumatismes, des dommages mécaniques, et une plus grande incidence de l'ulcération de la sole.

Les génisses primipares peuvent nécessiter d'être managées différemment des animaux plus vieux, pour minimiser la fourbure dans ce lot. Les facteurs prédisposant sont une introduction brutale des génisses dans un lot de vaches mâtures, l'installation de l'ordre hiérarchique et la surconcentration du lot des génisses.

Si le lot des génisses est surpeuplé, elles ne trouveront le chemin de la table d'alimentation, que lorsque l'espace est disponible. Elles vont alors « se gaver » elles mêmes, trois à quatre fois par jour, au lieu des 13 à 14 repas normaux, ce qui les prédispose à l'acidose du rumen.

Le développement mécanique de lésions et/ou l'ulcération de la sole peuvent également apparaître dans les lots de génisses, simplement comme un résultat des traumatismes, du fait d'un passage des parcours en terre battue à des sols en béton. La prévention des boiteries pour les génisses peut consister à maintenir séparé le groupe des génisses, où les animaux sont acclimatés dans leur nouvel environnement, leur permettant ainsi un temps de couchage accru et des agressions minimisées.

Les pratiques de conduite du troupeau, qui imposent des stress aux animaux, peuvent amenuiser les réserves corporelles. Ainsi, les pratiques telles que la vaccination, le transport et l'exercice réduit peuvent imposer du stress. Les problèmes nutritionnels, tels que les changements soudain dans la ration, des fibres de qualité médiocre ou mauvaises, une alimentation à haut niveau énergétique, des déséquilibres minéraux et vitaminiques, peuvent causer des stress spécialement en début de lactation. La maladie, la douleur et les agressions inter-animales sont aussi des facteurs stressants.

Confort des logettes

Des logettes avec espace adapté devraient être fournies pour permettre aux vaches de s'allonger et de ruminer, pendant près de 10 à 14 heures par jour. Les dimensions de la logette doivent être adéquates, par rapport à la taille de l'animal qui va y être logé. Les grandes vaches ont besoin de longueur de logettes allant de 2.10 mètres à 2.40 mètres. La largeur des logettes peut être comprise entre 105 et 125 cm, dépendant de la taille de l'animal (primipares vs vaches). Plus le caniveau est bas (pas moins de 15 cm), moins la vache a de chance de se tenir dans le passage.

Un couchage doux est essentiel. Le sable est une garniture optimale pour les logettes, fournissant à la vache confort et appui. En outre, le sable doit être totalement exempt de petites pierres, qui peuvent pénétrer dans la sole.

Une base de terre battue, avec des pneus broyés couverts avec des couches de polyéthylène, offre également une base moelleuse. Cependant, les matériaux ne doivent pas être de nature abrasive et ne doivent pas non plus écorcher les jarrets ou les genoux, lorsque les vaches se lèvent ou se couchent. L'usage de sciure, avec des copeaux de bois sur ces surfaces de polyéthylène, peut être abrasive et causer des lésions des jarrets.

Parage des aplombs

Un parage régulier des aplombs peut augmenter la vie fonctionnelle de la vache laitière dans sa période de lactation. Un parage correct des aplombs peut donner une stabilité aux onglons et permettre à la vache de distribuer son poids de façon équitable entre les onglons.

Les parages de routine, qui enlèvent même les petites quantités de corne de la sole, peuvent stimuler la production de tissu corné. Cela peut accélérer la production de la nouvelle corne saine. Il est recommandé de parer les pieds - au moins - une à deux fois par an. Les moments idéaux seraient lors du tarissement et aux alentours de cent jours de lactation.

Un pareur professionnel, qui utilise des équipements et des procédures corrects, devrait être employé. En outre, un bon enregistrement de ces soins est un facteur clé pour bien piloter la condition des vaches.

Note:

Les os du doigt: depuis le métacarpe (membre antérieur) ou métatarse (membre postérieur) vers l'extrémité distale : phalange + phalangine + phalangette.

References

  • Lameness in Cattle (Boiteries des Bovins). W.B Saunders Company, The Curtis Center Independence Square West Philadelphia, PA 19106
  • Bovine Acidosis (Acidose des Bovins) Journal of Dairy Science Vol 80, No. 5, 1997.
  • Trouble-shooting Problems with Milkfat Depression (Diagnostic des Problèmes avec Chute du Taux Butyreux). Department of Dairy and Animal Science The Pennsylvania State University, 324 Henning Building University Park, PA 16802
  • Cattle Lameness. Zinpro Corporation, 6500 City West Parkway Suite 300,
    Eden Prairie, MN 55344.

Authors

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David R. Wolfgang, VMD, MPH DABVP-Dairy

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