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Diagnostic des Troubles de L’ensilage: Comment Indentifier les Problèmes Potentiels

Cet article inclut: l’évaluation sensorielle e l’ensilage de maïs, la composition chimique de l’ensilage, les caratéristiques physiques de l’ensilage, et les utilisations possibles du séparateur de particules PennState.

Introduction

Les fourrages ensilés sont les aliments les plus communs utilisés dans les fermes laitières. Les ensilages sont utilisés essentiellement du fait de leur récolte moins couteuse et d’une moindre perte en nutriments au stockage. Les ensilages autorisent aussi une plus grande flexibilité dans la teneur en humidité lors de la récolte de l’aliment.

C’est de la plus grande importance dans les régions du pays où les tendances climatiques ne permettent pas de faire facilement du foin pour l’alimentation sèche. Le procédé d’ensilage (tableau 1) est une fermentation microbienne anaérobie des sucres solubles en acide lactique, acidifiant le pH jusqu’ à un point qui inhibe les fermentations microbiennes au delà.

Tableau 1. Le procédé d’ensilage.
Phase Process actif Température pH Commentaires
Adapté d’après Holland, C et Kezar, W – Manuel des fourrages Pioneer / guide nutritionnel – Socité Pioneer – 1995.
1 Fermentation aérobie du fourrage ↑ 20 à 30 °C 6.0 à 6.5 Produit de l’eau, du gaz carbonique, de la chaleur et continue jusqu’à ce que tout l’oxygène soit consommé. Cette phase est réduite par un management adapté
2 Fermentation hétérofermentaire (Acide acétique et acide lactique) ↓ 32 à 21 °C ↓ à 5 Commencement des fermentations anaérobies durant 24 à 72 heures – Micro-organismes tolérants à la chaleur, inactivés par un pH bas. Production d’acide acétique, lactique et d’éthanol.
3 Fermentation homofermentaire Stabilisation vers 18 à 21 °C ↓ jusqu’à 4.5 à 4 Production d’acide lactique par les lactobacilles – Durée 10 jours à 3 semaines. Les inoculants stabilisent en 3 à 4 jours.
4 Fermentation homofermentaire


5 Stockage Stable Stable La stabilité est sous la dépendance de la pénétration de l’air, des sucres solubles restants, de la présence de levures et de moisissures
6 Déssilage - distribution Stable Peut ↑ à 7 Acitivité des levures et des moisissures – Décomposition aérobie potentielle – Dégats liés à la chaleur.

Le but est d’avoir une chute de pH pour minimiser les pertes par fermentations des nutriments des fourrages spécialement en protéines. Cependant, il doit être rappelé que l’ensilage n’est jamais statique, c’est potentiellement un aliment dynamique qui peut dramatiquement se évoluer vers le pire dans le cas où certaines conditions sont réunies, tel que l’addition d’oxygène. L’objectif de ce document est de fournir des informations pratiques avec lesquels la qualité de l’ensilage et le management de l’alimentation peut être évalué pour déterminer leur rôle potentiel dans la production ou les troubles de santé dans la ferme laitière.

Estimation de la Qualite des Aliments Ensiles

Bien que les ensilages soient les aliments les plus communs utilisés, ils sont les sources d’aliments les plus variables sur la ferme. En corollaire, ils sont fréquemment la source des problèmes liés à l’alimentation. En se basant sur les buts recherchés pour un ensilage de haute qualité (tableau 2), nous pouvons utiliser ces paramètres  comme mesures pertinentes de l’évaluation des qualités d’ensilage. Comme les autres aliments, la qualité peut être estimée selon trois niveaux différents: évaluation sensorielle, composition chimique, et caractéristiques physiques. Chacune de ces méthodes d’évaluation sera discutée avec leur interprétation relativement à la qualité de l’ensilage.

Tableau 2. 6 objectifs pour un ensilage stable.
1 Chute rapide du pH jusqu’à un stade optimum
2 Spectre de fermentations acides adéquat
3 Conservation des sucres solubles
4 Minimiser la dégradation des protéines
5 Contrôle des températures de fermentation
6 Minimiser la fermentation aérobie à l’auge

Evaluation Sensorielle de L’ensilage

On peut avoir une appréciation significative de la qualité de l’ensilage de maïs ou d’enrubanné (haylage) par son odeur, son aspect et son toucher. L’évaluation sensorielle peut suggérer le besoin pour davantage de caractérisation physique ou chimique dès qu’un problème a pu être identifié. L’évaluation sensorielle de l’ensilage de maïs peut inclure les éléments suivants:

  1. Observation des contours du front d’attaque: Idéalement, le front d’attaque doit être lisse et droit. Cela minimise l’exposition à l’oxygène de l’ensilage. Les silos couloirs avec faces irrégulières et raboteuses ont une surface plus importante exposée à l’oxygène et donc une plus grande chance d’avoir une activité microbienne plus importante. Lorsque l’ensilage est réapprovisionné en air, les levures et les spores bactériennes présentes dans l’ensilage peuvent redémarrer leur activité métabolique. Cette activité métabolique va résulter en un chauffage de l’ensilage mais dans des altérations de sucres et des acides disponibles pour la nutrition. Cette activité métabolique suggère un ensilage instable et qui peut contribuer à une prise alimentaire plus faible et à des refus alimentaires. Cet échauffement secondaire n’est généralement pas suffisant pour provoquer des dégâts par la chaleur à l’ensilage. La véritable valeur du front d’attaque n’est pas bien connue et est à relier à la densité de l’ensilage, la saison de l’année et la quantité de front d’attaque qui est enlevée chaque jour.
  2. Couleur de l’ensilage: Elle peut indiquer des problèmes de fermentation potentiels (tableau 3). Des ensilages avec un excès d’acide acétique vont avoir une teinte jaunâtre, alors que ceux avec beaucoup d’acide butyrique auront une légère couleur verdâtre. L’ensilage brun-noir indique un échauffement durant les fermentations et des dommages par les moisissures. Ces ensilages ont une facilité à moisir et ne sont pas des aliments convenables. Une coloration blanche des ensilages indique généralement une croissance secondaire des moisissures.
  3. Odeur de l’ensilage: L’odeur de l’ensilage peut être utilisée pour évaluer les fermentations (tableau 3). Les ensilages normaux ont une odeur minimale due à l’acide lactique. Si la production d’acide acétique est élevée, alors l’ensilage peut avoir une odeur vinaigrée. Un contenu élevé en en éthanol peut donner une odeur alcoolique à l’ensilage. La fermentation par les clostridies conduit à une odeur de beurre rance. Une fermentation par de l’acide propionique résulte en une odeur et un goût légèrement marqué. Les ensilages ayant souffert de la chaleur auront un goût de tabac ou caramélisé. Aucun ensilage ne devrait avoir un goût moisi ou odeur pourrie due aux moisissures. Rappeler vous que si l’odeur d’un ensilage est vraiment déplaisante pour vous, cela provoquera très probablement un refus par la vache ou une prise alimentaire diminuée.
  4. Tableau 3. Odeur et couleur de l’ensilage.
    Odeur Couleur Cause
    Vinaigre Jaunâtre Production d’acide acétique (bacille)
    Alcoolique Normale Production d’éthanol par les levures
    Légèrement marquée Normale Production d’acide propionique
    Beurre rance Verdâtre Production d’acide butyrique (clostridium)
    Caramel / tabac Brun foncé à noir Température élevée – dégâts de chaleur

Composition Chimique de L’ensilage

Les points suivants de la composition chimique de l’ensilage sont importants dans l’évaluation de la qualité de l’ensilage. Toutes les analyses sont disponibles dans la plupart des laboratoires d’analyses travaillant pour l’alimentation animale.

  • Humidité: La mesure de la quantité d’eau à l’intérieur de l’ensilage est la mesure la plus variable. La façon dont l’échantillon est prélevé et traité va avoir un impact sur le résultat final d’un laboratoire. Le taux de matière sèche va varier dans le front d’attaque et dans la profondeur du silo. La raison pour laquelle la teneur en M.S est une mesure si importante est que cela détermine la quantité de M.S ingérée. Si l’ensilage est plus humide que ce que vous penser, vous alimenter avec moins de M.S. S’il est plus sec, vous alimenter avec plus de M.S. Ces différences peuvent compter dans les problèmes d’ingestion aussi bien que dans le fait de ne pas retrouver les nutriments attendus dans la ration complète. Idéalement, toutes les fermes devraient avoir un système d’évaluation de la M.S utilisable sur la ferme (four micro-ondes, testeur Koster ®) pour surveiller les changements du taux de matière sèche de façon hebdomadaire. Les rations trop humides ou trop sèches limitent l’ingestion. Les ensilages trop secs ou trop humides résultent souvent dans des fermentations inadéquates et des produits instables. Les repères de taux  matière sèche conseillés sont décrits dans le tableau 4.
  • Tableau 4. Les repères de taux matière sèche conseillés sont décrits.

    Ensilage de maïs Ensilage de luzerne Ensilage d’herbe Grain maïs entier humide Ensilage d’épis de maïs humide
    Silo couloir 28 à 33% 30 à 35% 28 à 33% 68 à 74% 60 à 66%
    Boudin / big bags 32 à 37% 35 à 40% 32 à 37% 68 à 74% 62 à 68%
    Silo inerté 40 à 50% 40 à 50% 40 à 50% 72 à 78% 64 à 70%
  • Protéines brutes (MAT): La teneur en protéines est toujours une mesure de qualité, principalement du fait d’un coût élevé de l’apport de protéines en supplément d’un fourrage. Les fourrages qui contiennent une teneur élevée en M.A.T. sont de meilleure qualité parce qu’ils sont dans une phase précoce de croissance. Un niveau de protéine suffisant est nécessaire pour faciliter les fermentations microbiennes rumenales, et si c’est insuffisant, cela réduira la prise de matière sèche. Un excès de protéines dégradables dans le rumen résultera dans une valeur excessive  d’urée dans le lait, tout particulièrement quand le niveau des glucides fermentescibles est limité. Un apport azoté déséquilibré résulte dans une efficacité plus basse de l’azote, augmente l’excrétion azotée et potentiellement une reproduction inefficace…En corollaire, fractionner la MAT de l’ensilage en fraction soluble dans le rumen, dégradable et fraction indisponible peut être pertinent dans l’évaluation de la qualité de l’ensilage.
  • Protéines solubles: La protéine soluble mesure la quantité totale d’azote d’un ensilage qui potentiellement peut être utilisé par les microbes du rumen pour la production de protéines. L’efficacité de l’utilisation est sous la dépendance de la quantité de sucres fermentescibles disponibles dans le rumen. L’excès de protéines solubles sera absorbé et détoxifié  dans le foie et excrété en urée. Les ensilages avec une protéolyse excessive ou qui ont été traité avec de l’ammoniac ou de l’urée auront une quantité importante de protéines solubles (> 60%). Ces ensilages peuvent être associés avec une réduction de l’ingestion et une faible stabilité à l’auge. L’objectif est de maintenir la solubilité de la protéine dans une plage allant de 40 à 60% du total de la protéine.
  • Azote ammoniacal: L’azote ammoniacal mesure l’azote non protéique, composant de la fraction des protéines solubles. Un des objectifs de l’ensilage est de minimiser l’activité protéolytique des enzymes respiratoires des plantes ou des micro-organismes, principalement les clostridiums. Les quantités d’azote non protéiques augmentent grandement avec l’activité protéolytique. Cela va tamponner et augmenter le pH de l’ensilage, le rendant moins stable. D’autre part, des composés azotés non protéiques toxiques tels que les amines peuvent réduire la prise alimentaire. L’objectif est d’avoir de l’azote ammoniacal à moins de 8 à 10 % de la protéine brute (MAT) pour l’ensilage de maïs et les enrubannés (hay-crop silage) respectivement.
  • Azote insoluble au détergent acide (= protéines): L’azote insoluble est la part d’azote totale qui est liée aux parois cellulaires et qui est trouvée dans la fraction de l’A.D.F. (Acid Detergent Fiber). Cela représente généralement de la protéine endommagée par l’échauffement, qui est à la fois indisponible pour les microbes et pour les vaches. L’objectif est d’avoir moins de 10 à 12% de la protéine totale (MAT).
  • Neutral detergent fiber (N.D.F.): Le contenu du N.D.F. caractérise la quantité de matériaux constitutifs des parois cellulaires, et est inversement proportionnel à la quantité de matière sèche ingérée. La maturité de la plante est directement proportionnelle au contenu en N.D.F. Les aliments riches en N.D.F. ont un potentiel d’ingestion inférieur, bien que le procédé de conditionnement (hachage) peut augmenter la prise alimentaire.
  • Acid detergent fiber (A.D.F.): L’A.D.F. est un sous ensemble du N.D.F., mesurant la quantité d’aliment moins digestible des parois cellulaires, et c’est une mesure importante de la qualité de l’aliment. Cellulose, lignine, protéines endommagées par l’échauffement, et d’autres substances indigestes forment la fraction ADF. Lorsque la teneur en A.D.F. d’un ensilage augmente à l’intérieur d’une espèce de plante, globalement la qualité décroit.
  • Lignine: La lignine est le facteur le plus critique dans la qualité de l’alimentation, spécialement des  fourrages, mais également qui n’est pas souvent déterminé. La lignine est un composé polyphénolique qui est totalement résistant à la digestion et à la fermentation. La lignine agit comme ciment à l’extérieur et l’intérieur des couches de cellules. Lorsqu’une plante murit, la lignification des parois cellulaires augmente. La lignification des parois cellulaires réduit la disponibilité des hydrates de carbone associé aux parois cellulaires (N.D.F.). Cet effet peut être directement mesuré par la procédure de fermentescibilité du N.D.F.
  • Profil de fermentation: Le profil de fermentation est un nouveau procédé analytique qui détermine les quantités de chacun des acides gras volatils importants (A.G.V.) obtenus durant le process d’ensilage (tableau 5). Normalement, l’acide lactique devrait être l’A.G.V. prédominant dans l’ensilage (> 60%). Une quantité excessive d’acide lactique, propionique ou butyrique, aussi bien que l’éthanol indiquent une plus faible qualité de fermentation provenant d’autres micro-organismes qui ne sont pas des bactéries lactiques exclusives. Il est important de comprendre que le niveau d’A.G.V. va varier énormément sur la base de l’espèce cultivée, la matière sèche à la récolte, les populations bactériennes naturelles ou ajoutées, les pertes par respiration au champ, la météorologie et l’ensoleillement antérieur à la récolte, et de façon la plus importante le contenu en sucre de la récolte lorsqu’il entre dans l’équipement de stockage.
  • Tableau 5. Profil d’acides gras volatils (A.G.V.) pour les aliments ensilés.
    A.G.V. Ensilage humide Ensilage réssuyé Ensilage de grains humides
    A.G.V totaux en % M.S. 10 à 14% 4 à 8% 2 à 4%
    Acide lactique en % M.S. 6 à 8% 3 à 4% 1 à 3%
    % acide lactique / total acides > 60% > 60% > 60%
    Acide acétique < 2% < 2% < 0.1%
    Acide propionique 0 à 1% 0 à 1% 0 à 1%
    Acide butyrique < 0.1% < 0.1% < 0.1%
    Ethanol 0% 0% 0%
  • Comptages fongiques / concentration en mycotoxines: Ils peuvent être déterminés par comptage au laboratoire. Les moisissures communes peuvent provoquer des problèmes comprennent: Fusarium, Penicillium, Aspergillus, Mucor. Une alimentation moisie et les mycotoxines ne sont pas forcément reliées…Les champignons et les moisissures se développent selon des conditions appropriées et ont besoin de chaleur et d’humidité. Une humidité relative élevée (> 70% ) et un contenu des aliments en humidité supérieur de 15% sont favorable à la croissance des champignons.  Dans les bonnes conditions, une explosion fongique peut apparaître, ce qui conduira en un nombre important de contamination fongique dans l’aliment en moins de 24 heures. Cependant la croissance des champignons ne signifie pas qu’il y a présence de mycotoxines. A l’inverse, des problèmes de mycotoxines peuvent être présents en l’absence de croissance fongique réelle. Les mycotoxines sont vraiment sporadiques à l’intérieur d’un aliment et difficiles à mesurer. Les comptages cellulaires fongiques peuvent être déterminés pour tous les aliments. Les comptages fongiques attendus pour tous les aliments de bonne qualité sont < 300 000 CFU / g (colonie formant unité). Des comptages fongiques supérieurs à 600 000 CFU sont un problème. Les contaminations fongiques extrêmes peuvent avoir des comptages excédant 1 000 000 CFU / g d’aliment. Si une espèce unique de moisissure est identifiée à ces niveaux élevés, cela sera considéré significatif, spécialement si cette espèce est connue comme organisme fabriquant des mycotoxines ( ex : Aspergillus, Penicillium ou Fusarium…). Des comptages élevés avec différentes espèces sont moins significatifs, mais la présence d’espèces fabriquant des mycotoxines peut être un souci.

Caractéristiques Physiques de L’ensilage

  • Le pH est la mesure de l’acidité. Les ensilages à haute teneur en humidité sont instables d’un point de vue pH et une large étendue de pH est trouvée: les ensilages de bonne qualité sont associés à des pH bas. L’ensilage de maïs devrait avoir un pH entre 3.8 et 4.2 alors que les ensilages d’herbe préfanés ont un pH légèrement supérieur à 4 – 4.8. Les pH élevés associés à une teneur élevée en eau sont associés à de la protéolyse (fermentation clostridiale aberrante) et les ph bas avec une production d’acide lactique. Dans les ensilages à haute teneur en matière sèche, le pH est un critère moins utile de la qualité puisque le manque d’eau restreint les fermentation et la production d’acide. Cet effet cause une association négative entre le contenu en eau et le pH en dehors d’une teneur en matière sèche élevée.
  • La température est une mesure de la quantité de chaleur générée. La température de l’ensilage peut être facilement mesurée avec un thermomètre placé au moins à 45 à 75 cm dans la front d’attaque. Au delà de la respiration initiale quand l’ensilage est mis au silo initialement, il devrait avoir un retour assez rapide à la température de l’ensilage à la température ambiante. Des températures élevées au delà de la température ambiante suggère une respiration oxydative par les moisissures et les champignons et une instabilité du fourrage. Les températures supérieures à 50°C suggèrent une oxydation aérobie et potentiellement des dégâts d’échauffement. Les ensilages stables ne doivent pas augmenter leur température lorsqu’ils sont dessilés et distribués sur la table d’alimentation. La croissance des moisissures peut toujours résulter dans des températures supérieures à 38°C. L’échauffement dans la table d’alimentation ne cause pas des dégâts de chaleur, mais va diminuer l’appétence.
  • La fermentescibilité du N.D.F. dans un aliment (fourrage) peut être déterminée dans certains laboratoires par des techniques in situ ou in vitro. C’est un diagnostic utile pour les ensilages de maïs et les ensilages d’herbe enrubannés. On doit être prudent lorsque l’on compare les tests de digestibilités N.D.F. entre les laboratoires. La durée utilisée pour le test de digestibilité doit être suffisante. Certains laboratoires utilisent une durée de 48 H tandis que d’autres utilisent une durée de 30 H. Le N.D.F. est un composant majeur de l’alimentation et sa disponibilité peut grandement impacter les performances animales. La fermentescibilité du N.D.F. peut varier de 20 jusqu’à plus de 60%. La maturité de la plante et la lignification peut grandement diminuer la fementescibilité du N.D.F.
  • La taille des particules de fibres dans la ration d’un ruminant est important pour maintenir une activité adéquate du rumen et une activité de mastication.
    Une insuffisance de fibres efficaces dans la ration peut conduire à de l’acidose du rumen et à des altérations dans la composition du lait. Malheureusement, fréquemment les taille de particules des aliments (fourrages) ou des rations sont réduites en conséquence d’une récolte inadaptée. La taille réelle des particules de la ration peut être estimée avec le tamis Penn State (PennState  Particle Separator). Les recommandations pour la taille des particules des fourrages, des rations complètes et des grains sont présentées dans les tableaux suivants:
  • Tableau 6A. Recommandations pour les tailles de particules pour les ensilages, et rations complètes.
    Tamis La taille de tamis (mm) La taille des particules (mm) Ensilage de maïs Enrubanné (Haylage) Ensilage herbe Ration complète
    Tamis supérieur 19 > 19 3 à 8 10 à 20 2 à 8
    Tamis intermédiaire 8 8 à 19 45 à 65 45 à 75 30 à 50
    Tamis inférieur 4 4 à 8 20 à 30 30 à 40 10 à 20
    Fond
    < 4 < 10 < 10 30 à 40
    Tableau 6B. Recommandations pour les tailles de particules pour grains.
    Type de grain (humidité) Tamis USDA standart (4-8-16-30)
    4.75 mm
    Tamis USDA standart (4-8-16-30)
    2.35 mm
    Tamis USDA standart (4-8-16-30)
    1.2 mm
    Tamis USDA standart (4-8-16-30)
    0.6 mm
    Tamis USDA standart (4-8-16-30)
    Fond
    Maïs humide (> 30% humidité) 75% 25% 0 0 0
    Maïs humide (25 à 30% humidité) 25% 50% 25% 0 0
    Maîs humide (< 25%) 0 33% 33% 33% 0
    Maïs sec (< 15% humidité) 0 0 30% 50% 20%

Utilisation Potentielle du Tamis Penstate

L’évaluation des tailles de particule pour les ingrédients d’une ration peuvent être réalisés dans un certain nombre de diagnostics de situation.

Longueur de coupe à la récolte: La première et primordiale utilisation du tamis PennState est l’utilisation du séparateur de particules pour évaluer la taille de particule de chacun des fourrages  (ensilage de maïs, ensilage d’herbe…) durant le procédé de récolte pour s’assurer d’une taille de particules adaptées pour faciliter la fermentation et l’alimentation.

Réduction des tailles de particules durant le mélange: La réduction mécanique des tailles de particules durant le mélange est un problème commun dans de nombreuses fermes. Un mélange excessif, un ordre de mélange inapproprié des ingrédients, ou une inadaptation entre les ingrédients et l’unité de mélange peuvent tous avoir un effet sur la nutrition et les problèmes métaboliques. Le séparateur de particules peut être utilisé pour démontrer visuellement des différences dans la distribution des tailles de particules entre des échantillons collectés après le procédé de mélange de la ration et des échantillons mélangés manuellement. Pour une comparaison visuelle, le producteur doit avoir à mélanger un lot de ration et alors peser individuellement chaque ingrédient et les mélanger à la main ou à la fourche. Séparer un échantillon représentatif de chaque lot, et les étendre côte à côte pour évaluer les différences dans la distribution des particules. Ou alors vous pouvez calculer la distribution théorique des tailles de particules de la ration complète en utilisant les tailles de particules des composants de la ration et le pourcentage dans la ration mélangée. Cela vous donnera la réduction actuelle des tailles de particules actuelle du système de mélange.

Uniformité de la ration: Finalement nous recherchons une distribution des tailles de particules homogènes d’un bout à l’autre de la table d’alimentation. On  peut  estimer l’homogénéité de mélange  en collectant des échantillons de ration complète lors de la distribution par la mélangeuse, ou le long de la table d’alimentation. Déterminer distribution des  tailles de particules au sein de ces échantillons pour déterminer la variabilité. Une variation minimale (< 5%) devrait être attendue si la façon de mélanger fait du bon travail. Une distribution des particules dépassant les valeurs attendues des ingrédients de la ration peut indiquer des erreurs de mélange ou des erreurs pouvant être due à l’inadaptation des systèmes de pesée.

Tri de la ration complète: C’est la plus puissante utilisation du séparateur de particules dans l’évaluation d’un programme d’alimentation surf la ferme. Des échantillons de la ration sont collectés lors de la distribution, puis à des moments définis après la distribution. Le second échantillon est typiquement collecté  2 à 3 heures après la distribution, et cela à intervalles réguliers jusqu’à la distribution suivante. La taille des particules est déterminée dans chaque échantillon et comparé au cours du temps. Typiquement, des changements de plus de 10% des tamis suggèrent une modification, particulièrement sous les 2 tamis du fond du séparateur de particules PennState. Dans la plupart des problèmes de tri, les matériaux retenus au dessus des deux tamis supérieurs augmenteront au cours du temps, alors que les matériaux retenus dans les tamis du bas vont diminuer en pourcentage du total des particules.

Contenu en fibres efficaces de la ration: Une première approche de formulation de la ration est de s’assurer d’une prise adéquate de fibres de la ration pour maintenir le fonctionnement du rumen et un environnement du rumen sain. Cependant, toutes les fibres de la ration ne sont pas capables de maintenir cette réponse, d’où la terminologie de fibres efficaces et de fibres physiquement efficaces. Différentes méthodes ont été développées pour estimer la fibre efficace dans la ration ou les ingrédients de la ration. Souvent les tailles de particules telles que mesurées avec le tamis PennState est mise en relation avec la détermination des fibres efficaces. Des spécialistes ont déclarés que les matériaux retenus sur le tamis supérieur est une mesure de la fibre efficace. Cependant bien que l’ouverture de la maille du 3° tamis soit similaire avec une autre méthodologie, les résultats ne peuvent pas être corrélés du fait de la différence de procédure. Le sens pour secouer  et l’utilisation d’autres échantillons séchés ou d’échantillons prélevés à l’auge aura des effets spectaculaires sur les résultats obtenus…Une étude est actuellement en cours pour développer des méthodes transversales de prédiction des fibres efficaces mesuré par l’une ou l’autre des méthodes…

Résumé

Même si une augmentation de l’éducation ou du vétérinaire ne se sentent pas à l’aise avec la formulation des rations, ils peuvent et doivent devenir impliqués dans le management de la ration de leurs clients en tant que manager. La qualité de l’alimentation et les problèmes de qualité de l’alimentation comptent pour le plus grand pourcentage de problèmes reliés à l’alimentation dans une ferme. Une extension des enseignants ou de vétérinaires dans la compréhension des problèmes d’alimentation des diagnostics de management est un composant critique de procédé de diagnostic. Cet article a traité un nombre d’outils d’utilisation facile qui peuvent devenir une part du diagnostic nutritionnel de la boite à outil. Plusieurs de concepts et mesures diagnostics peuvent être utilisés pour non pas seulement pour diagnostiquer les problèmes, mais aussi pour aider les producteurs à réaliser des ensilages de bonne qualité. Le contrôle des rations doit commencer avec la bonne coupe.

Robert J. Van Saun – Département vétérinaire et des sciences biomédicales. A. Jud Heinrichs – Département de science laitière et animale. Traduction libre réalisée par Bruno Martin, Novembre 2009.

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